Sur de nombreuses voitures anciennes, les roues non motrices tournent sur deux roulements à rouleaux coniques réglables. Le bon réglage donne une roue qui tourne librement, sans point dur et avec un jeu à peine perceptible. Trop serré, le roulement chauffe et s’use vite. Trop lâche, il martèle ses pistes et la direction devient floue.
Quels véhicules utilisent des roulements coniques réglables ?
On les trouve surtout sur les voitures produites jusqu’aux années 1980, sur l’essieu non moteur : l’avant des propulsions, l’arrière de nombreuses tractions. Les utilitaires légers anciens, les remorques et les caravanes en sont aussi équipés.
Les voitures récentes utilisent plutôt des roulements de roue à double rangée, préréglés en usine et serrés au couple constructeur sans réglage de jeu. Il ne faut pas confondre les deux montages : appliquer la méthode d’un roulement conique à un moyeu moderne, ou l’inverse, conduit à une erreur de serrage.
Pourquoi un roulement conique se règle-t-il au montage ?
Parce qu’il est composé de deux parties séparables : la cuvette, emmanchée dans le moyeu, et le cône, qui porte les rouleaux et la cage. Le jeu n’existe qu’une fois les deux roulements montés face à face sur la fusée.
Les deux roulements sont montés en opposition, pour encaisser à la fois les charges radiales, dues au poids, et les charges axiales, dues aux virages. C’est l’écrou de fusée qui fixe l’écart entre eux, donc le jeu. Ce réglage est fait par le mécanicien, pas par le fabricant.
Pour remplacer ces pièces, il faut retrouver la référence exacte. Roulement du Net, boutique en ligne de l’entreprise niçoise Nice Roulements-Magnan, active dans la transmission depuis 1973, classe dans sa rubrique des roulements coniques les références standard, cône et cuvette, de marques comme SKF, NTN ou Timken. Un point clé reste à garder en tête : une précharge excessive réduit la durée de vie du roulement, et un jeu excessif abîme le montage.
Comment régler le jeu en pratique ?
La méthode d’atelier classique tient en quatre temps. Elle s’applique quand le manuel constructeur ne donne pas de procédure plus précise, et il faut toujours vérifier ce manuel en priorité.
- Mettre en place les roulements. Moyeu garni, cônes graissés, joint neuf monté côté intérieur.
- Asseoir les roulements. Serrer l’écrou modérément tout en faisant tourner la roue ou le moyeu dans les deux sens. Cette rotation place les rouleaux correctement contre leur épaulement.
- Desserrer puis reprendre. Desserrer l’écrou, puis le resserrer à la main ou à un couple très faible, toujours en faisant tourner.
- Bloquer. Aligner le trou de la goupille avec la fente de l’écrou le plus proche, en desserrant légèrement plutôt qu’en serrant, puis poser une goupille fendue neuve ou replier la rondelle frein.
Le résultat attendu : la roue tourne librement, sans bruit ni point dur, et on ne ressent qu’un jeu à peine perceptible en la secouant à 12 h et 6 h. Si le manuel donne une valeur de jeu axial, elle se contrôle au comparateur, souvent quelques centièmes de millimètre.
Quelles erreurs voit-on le plus souvent ?
L’erreur numéro un est le serrage « au maximum » par peur du jeu. Le roulement travaille alors en précharge, chauffe et peut se détruire en quelques centaines de kilomètres.
Les autres pièges courants :
- réutiliser une goupille fendue ou une rondelle frein déjà pliée ;
- monter un cône neuf sur une ancienne cuvette : le cône et la cuvette s’usent ensemble et se remplacent ensemble ;
- oublier de nettoyer la vieille graisse, qui contient des particules métalliques ;
- serrer sans faire tourner la roue, ce qui fausse le réglage ;
- remettre le chapeau de moyeu sans vérifier que la goupille ne frotte pas dessus.
Quelle graisse utiliser et en quelle quantité ?
Il faut une graisse pour roulements de roue, de grade NLGI 2, supportant les températures atteintes près des freins. Une graisse universelle bas de gamme coule à chaud et laisse le roulement à sec.
Le cône doit être garni à cœur : on fait pénétrer la graisse entre les rouleaux et la cage, par exemple en pressant le roulement dans la paume de la main. Le moyeu reçoit une fine couche, sans le remplir complètement. Un moyeu bourré de graisse chauffe et fait sortir la graisse par le joint.
Comment vérifier le réglage après quelques kilomètres ?
Un contrôle à chaud après un premier trajet d’une vingtaine de kilomètres permet de détecter un serrage excessif. Le moyeu doit être tiède, pas brûlant au toucher.
Il faut ensuite reprendre le contrôle du jeu après quelques centaines de kilomètres, le temps que les roulements neufs se mettent en place. Sur une voiture de collection qui roule peu, un contrôle annuel suffit ensuite, ainsi qu’un regarnissage de graisse tous les deux ou trois ans selon l’usage.
Combien coûte un jeu de roulements coniques ?
Un roulement conique courant, cône et cuvette, coûte en général entre une dizaine et une quarantaine d’euros selon la taille et la marque. Il en faut deux par roue, plus un joint.
Pour une voiture ancienne, le vrai point de vigilance est la disponibilité. Beaucoup de roulements d’origine correspondent à des références standard toujours fabriquées. En relevant la référence gravée sur le cône et sur la cuvette, on retrouve souvent le modèle équivalent actuel, sans passer par un kit spécifique au modèle, plus cher.
